Utiliser la technique “Save the cat” pour structurer votre roman

Dans le post d’aujourd’hui, je vais vous montrer comment utiliser Save the Cat de Blake Snyder pour tracer votre roman. Si vous n’êtes pas familier avec le travail de Blake Snyder, sachez qu’il s’agit d’un modèle de structure d’histoires populaire qui subdivise le début, le milieu et la fin d’une histoire en 15 «temps» ou points d’intrigue. Chacun de ces temps a un but spécifique et remplit une fonction particulière dans votre histoire. Certains diront qu’utiliser une formule pour écrire un livre va à l’encontre de l’écriture créative. Mais, savoir comment structurer votre récit ne fait pas de votre histoire une formule. Cette méthode est beaucoup utilisée pour l’écriture de scénario.

Pensez à la structure de votre récit comme à un plan facile à suivre qui vous aidera à écrire une histoire qui fonctionne . Cette structure vous aide à déterminer l’ordre dans lequel les événements de votre intrigue se produisent et, peut-être encore plus important, le moment auquel ils devraient se produire. Combinez cela avec un personnage qui a besoin de changer – et qui change – et vous avez une histoire qui mérite d’être racontée.

Voyons comment tracer votre roman avec la formule de Blake Snyder. Pour mon exemple, je vais utiliser un plan de 80 000 mots. N’hésitez pas à utiliser le nombre de mots cibles avec lequel vous êtes à l’aise à chaque étape.

Étape 1 : Divisez votre compte de mots cible en 3 actes

La première chose à faire est de diviser notre nombre total de mots en trois sections ou actes. En général:
Le premier acte représente environ 25% du nombre total de mots,
Le deuxième acte représente environ 50% du nombre total de mots,
Le troisième acte représente environ 25% du nombre total de mots.

Cela signifie donc que nous pouvons décomposer notre nombre de mots de 80 000 cibles comme ceci:
Premier acte (80 000 x 25%) = environ 20 000 mots,
Deuxième acte (80 000 x 50%) = environ 40 000 mots,
Troisième acte (80 000 x 25%) = environ 20 000 mots.

Étape 2 : Divisez chaque acte en un nombre cible de scènes

Maintenant que vous savez approximativement combien de mots composeront chaque acte, vous pouvez diviser chaque acte en un nombre cible de scènes. Si vous ne savez pas combien de mots par scène vous écrivez en moyenne, utilisez un nombre de mots cible d’environ 1 500 mots par scène.

Je vous recommande toujours d’écrire des scènes entre 1 000 et 2 000 mots, avec un maximum de 1 500 mots. Une scène de 1 500 mots est suffisamment longue pour indiquer ce qui se passe et suffisamment courte pour retenir l’attention du lecteur et lui donner envie de continuer à lire.

Alors, voici comment nous pouvons décomposer chaque acte en un nombre cible de scènes:
Premier acte (scènes de 20 000 mots / 1 500 mots) = environ 14 scènes,
Deuxième acte (scènes de 40 000 mots / 1 500 mots) = environ 28 scènes,
Troisième acte (scènes de 20 000 mots / 1 500 mots) = environ 14 scènes,
Selon le calcul, notre nombre de scènes cible est de 56 scènes. Vous remarquerez que j’ai arrondi le nombre de scènes pour chaque acte. Je vous montre simplement comment faire un plan pour votre roman mais ce n’est pas une formule rigide que vous devez suivre à la lettre.

Étape 3 : Déterminez les 15 points majeurs du récit

Maintenant que vous savez combien de scènes se déroulent dans chaque acte, vous pouvez commencer à comprendre où iront chacun des 15 temps forts. Blake Snyder explique où chaque battement devrait se situer :
Plan d’ouverture – 0% à 1%
Thème indiqué – 5%
Configuration – 1% à 10%
Catalyseur – 10%
Débat – 10% à 20%
Pause – 20%
Histoire B – 22%
Progression- 20% à 50%
Point médian – 50%
Obstacles – 50% à 75%
Tout est perdu – 75%
Accuser le coup – 75% à 80%
Prise de conscience – 80%
Finale – 80% à 99%
Image finale – 99% à 100%

Étape 4 : Que se passe-t-il à chaque battement ?

Dès lors que vous avez déterminé l’emplacement approximatif des temps, vous pouvez commencer à réfléchir sur ce à quoi chaque temps ressemblera dans votre récit. En lisant la description de chaque histoire ci-dessous, notez toutes les idées que vous avez.

Acte 1 : Le commencement

1. Image d’ouverture (0% à 1%) :  un instantané «avant» du protagoniste et du monde imparfait dans lequel il vit.
2. Thème indiqué (5%) : une seule séquence de scènes dans laquelle une déclaration (autre que celle du protagoniste) est faite et fait allusion à ce qu’il va apprendre avant la fin de l’histoire.
3. Configuration (1% à 10%) : une séquence multi-scènes dans lequel le lecteur peut voir à quoi ressemble la vie du protagoniste, son monde et ses défauts. C’est également le lieu où sont introduits des personnages de soutien importants et le but initial du protagoniste (ou la chose que le protagoniste pense pouvoir améliorer dans sa vie).
4. Catalyseur (10%) : un événement change la vie du protagoniste et le catapulte dans un nouveau monde ou une nouvelle façon de penser. En d’autres termes, après ce moment, il n’est plus possible de revenir au «monde normal» introduit dans la configuration.
5. Débat (10% à 20%) : un battement multi-scènes où le protagoniste discute de ce qu’il va faire ensuite. Habituellement, il existe une sorte de question qui les hante, telle que «devrais-je faire ceci?» ou «devrais-je faire cela?». Le but est de montrer que le protagoniste est réticent à changer pour une raison ou une autre.
6. Débat(20%) : scène unique dans laquelle le protagoniste décide d’accepter l’appel à l’aventure, de quitter sa zone de confort, d’essayer quelque chose de nouveau ou de s’aventurer dans un nouveau monde ou une nouvelle façon de penser. C’est la passerelle entre le début (Acte 1) et le milieu (Acte 2) de l’histoire.

Acte 2 : Le milieu

Partie un

7. Histoire B (22%) : battement de scènes qui introduit un ou plusieurs personnages qui serviront finalement à aider le héros dans sa quête, ou apprentissage (ou la leçon) de l’histoire. Ce personnage pourrait être un amour, un Némésis, un mentor, un membre de la famille, un ami, etc.
8. Progression (20% à 50%) : une séquence multi-scènes où le lecteur peut voir le protagoniste soit briller ou galérer dans son nouveau monde. 
9. Point médian (50%) : scène unique où la section de jeux et de divertissements se termine soit par une «fausse victoire» (si votre protagoniste a réussi jusqu’ici), soit par une «fausse défaite» (si votre protagoniste a échoué jusque-là). Dans les romans d’amour, cela peut être un baiser (ou plus), une déclaration d’amour ou une proposition en mariage. Dans un thriller, cela pourrait être une tournure de scénario qui change la donne. Cela pourrait même être une célébration ou la première grande sortie publique où le protagoniste se déclare officiellement comme faisant partie de son nouveau monde. Quoi qu’il se passe pendant ce temps, cela devrait faire monter les enchères et pousser le protagoniste à faire un vrai changement avant d’aller de l’avant.

Partie deux

10. Les obstacles (50% à 75%) : si le protagoniste a une «fausse victoire» à mi-parcours, ce battement à plusieurs scènes serait une voie dans laquelle les choses vont de pire en pire pour lui. D’un autre côté, si le point médian était une «fausse défaite», cette section serait une voie ascendante dans laquelle les choses iraient de mieux en mieux. Quel que soit le chemin emprunté par votre héros au cours de ce battement multi-scènes, sa peur profondément ancrée ou sa fausse croyance (démons internes) et l’antagoniste (obstacles externes) se rapprochent.
11. Tout est perdu (75%) :  il se passe quelque chose qui, combiné à la menace réelle, pousse votre protagoniste à son point le plus bas.
12. Accuser le coup (75% à 80%) : le protagoniste prend le temps de traiter tout ce qui s’est passé jusqu’à présent. C’est le moment le plus délicat dans son aventure, juste avant qu’il ne découvre la solution à son plus gros problème et n’apprenne la leçon de vie.
13. Prise de conscience (80%) : le protagoniste réalise ce qu’il doit faire pour résoudre non seulement les problèmes de l’histoire externe, mais plus important encore, ses problèmes internes.

Acte 3 : La fin

14. Finale (80% à 99%) : Un temps multi-scènes où le protagoniste prouve qu’il a appris de son parcours et agit selon le plan qu’il a élaboré. Une grande finale en cinq parties:
Le protagoniste rassemble ses amis et les outils, les armes et les fournitures nécessaires à l’exécution du plan.
Le protagoniste (et son équipe) exécute le plan. Parfois, des personnages secondaires sont sacrifiés ici pour forcer le protagoniste à continuer d’avancer seul.
Le protagoniste fait face à une torsion ou une surprise qui l’oblige à prouver sa valeur.
Sans plan de sauvegarde, le protagoniste doit creuser son âme pour trouver l’arme la plus importante: la force et le courage pour vaincre sa peur ou sa fausse croyance (antagoniste interne) et affronter l’antagoniste (antagoniste externe).
Une fois que le protagoniste a surmonté sa peur ou sa fausse croyance (antagoniste interne), il entreprend une action contre l’antagoniste ou la force antagoniste (antagoniste externe) et réussit. 
Idéalement, vous souhaitez que le rythme de votre récit progresse vers la fin. Moins de scènes équivaut à un rythme plus rapide.
15. Image finale (99% à 100%) :  instantané «après» de la vie de votre protagoniste et de tout ce qu’il a changé depuis le début de l’histoire.

Pour l’auto-apprentissage, je vous encourage à cartographier ces 15 temps pour l’un de vos livres ou films préférés. Vous comprendrez assez vite le cheminement.

A vos plumes


©Eddine C

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