Remplacer le dialogue par le sous-texte

 

Lorsque j’ai réalisé ce que le sous-texte était, et les différentes manières de l’utiliser efficacement, il est devenu un outil de choix pour un point de vue approfondi. Le sous-texte peut-il remplacer le dialogue et à quoi ressemblerait-il ?

Le sous-texte est une communication silencieuse. C’est le langage corporel (posture, expressions faciales, gestes), le ton de la voix – tous les moyens par lesquels nous envoyons des signaux et communiquons sans utiliser de mots. Il peut ajouter une touche de réalisme et d’authenticité à nos histoires et est une technique nécessaire lorsque vous utilisez un point de vue profond.

Le sous-texte est souvent ajouté dans les réécritures

Il est difficile d’utiliser efficacement le sous-texte dans un premier brouillon. Pour utiliser le sous-texte, vous devez vraiment connaître vos personnages. Si je ne peux pas obtenir de sous-texte pour moi, c’est généralement parce que je ne connais pas suffisamment les personnages impliqués.

Le sous-texte est l’art plus que la mécanique. C’est le vernis de l’histoire pour ainsi dire. Une fois que je comprends vraiment l’arc narratif, l’arc émotionnel de chaque personnage et le but de chaque scène, je reviens en arrière et je réorganise la narration par le sous-texte. Dans un premier brouillon, je suis plus susceptible d’écrire ce que pense le personnage. Le sous-texte concerne ce qui n’est pas dit. La réécriture vous permet donc d’étudier objectivement une scène et de décider si l’utilisation de sous-texte ajouterait de l’authenticité ou de la tension aux lecteurs.

Laissez-les suspendus

Une technique qui est efficace avec le sous-texte est de prendre un échange de questions et réponses dans une scène et de couper l’un ou l’autre. Demandez à un personnage de poser une question, puis coupez la réponse et utilisez des expressions faciales ou un langage corporel pour répondre. Ou encore, coupez la question et laissez le personnage répondre à la question. Oui, ils pourraient se tromper. Nous nous trompons tout le temps dans la vie réelle. En partant de ce principe, vous ajoutez de la tension, des conflits et de la complexité à votre histoire.

Fait de manière stratégique, c’est très efficace pour montrer une relation, une familiarité ou une histoire / des objectifs partagés.

Dans Dirty Dancing, il y a cette scène entre Johnny et Baby où ils ont une conversation plutôt personnelle et vulnérable et ça devient embarrassant pour lui. Le sentant agacé, elle lui demande de danser.

La danse entière est un sous-texte. C’est un jeu de questions/réponses à plusieurs reprises qui intensifie l’intimité entre les deux personnages. 

Expression faciale ou corporelle

Observez les personnes autour de vous, en particulier les personnes avec qui vous êtes proches, et voyez comment elles utilisent leurs expressions faciales pour communiquer. Voici un exemple:

Sarah attendit que Bobby ouvre le coffre, puis posa ses sacs d’épicerie dans la voiture. Elle s’épongea le front avec le poignet et regarda le soleil brûlant au-dessus de sa tête. Bobby ferma le coffre. Ils se retournèrent tous les deux pour monter dans la voiture lorsqu’une femme âgée passa devant eux pour tenter, tant bien que mal, de porter trois sacs débordants, une canne et son sac à main.

Sarah jeta un coup d’œil vers Bobby mais il ne remarqua pas le sort de la vieille femme. Elle inclina la tête sur le côté. Les yeux de Bobby se rétrécirent. Elle répéta le geste et il finit par regarder la vieille femme un instant. Il haussa les épaules et ouvrit la portière de sa voiture.

Sarah se racla la gorge. Bobby la regarda de nouveau. Elle pencha de nouveau la tête en direction de la vieille femme et fronça. Il fallait faire quelque chose.

Il se redressa et ses sourcils se levèrent. Qu’est-ce qu’elle voulait qu’il fasse?

Elle abattit sa main sur le toit de la voiture. Sa mâchoire se crispa. Seulement alors, Bobby claqua la portière et s’approcha de la vieille femme pour voir s’il pouvait l’aider.

Nous avons tous une variété d’expressions à utiliser pour communiquer des questions et des réponses.

Quelque chose qui ne peut pas être dit

Avez-vous une scène où deux personnages parlent, mais ne peuvent pas dire de quoi ils parlent ? Ou peut-être qu’ils ne veulent pas reconnaître ce dont ils parlent vraiment ? Parfois, nous cherchons tous un peu de déni, d’accord.

C’est peut-être un argument de longue portée. Peut-être y a-t-il d’autres personnes présentes qui ne savent pas / ne peuvent pas savoir de quoi on parle vraiment ? 

Dans ces situations, le sous-texte peut être l’ensemble de la conversation en cours et qui n’a aucun rapport avec ce qui est réellement dit. C’est amusant à écrire parce qu’ils sont stimulants et enrichissants lorsque vous pouvez y arriver.

Prenons pour exemple une scène de Captain America: The First Avenger. L’avion de Steve Roger est en panne, c’est une mission suicide et il contacte Peggy une dernière fois pour lui dire au revoir. Mais au lieu de cela, ils parlent de reprogrammer une danse au Stark Club. 

Le contexte tue le sous-texte

Le contexte vous sert, vous l’auteur, mieux que le lecteur souvent. Rappelez-vous que le contexte répond à une question et laisse au lecteur deux autres questions. Cela tombe dans l’histoire. Conservez “ces coulisses” pour une exposition ou un dialogue interne. Gardez l’arrière-plan en dehors de votre sous-texte.

Lorsque le sous-texte est utilisé à la place du dialogue, faites en sorte qu’il soit vivant et que le rythme avance. Limitez au minimum le dialogue interne si vous le pouvez. Si le dialogue est plus un mélange entre dialogue parlé et sous-texte, vous aurez besoin du dialogue interne que les lecteurs pourront suivre.

Pensez-vous que vous utiliserez le sous-texte au lieu du dialogue ? Cela ajouterait-il une couche plus profonde de sens ou d’authenticité pour les lecteurs ?


Bonne écriture

©Eddine C

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